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 Ordre de mission.

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Willie Knox



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Perso 1 - Groupe d'appartenance: Hellsing
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MessageSujet: Ordre de mission.   Jeu 24 Jan 2008 - 19:22

La flamme courut sur la paume de sa main sans lui brûler la peau. Elle bascula la main à droite, la flamme se répandit sur son pouce, comme une balle qui roule. Elle observa ses doigts à travers le jaune et le rouge que produisait le feu.

Elle posa les yeux à nouveau sur ses livres: posés à même le sol, deux grimoires couverts de chiffres étaient ouverts à ses pieds. L'un était un livre de science classique quoique d'un niveau assez élevé, le second comportait aussi des formules, mais celles-ci n'étaient pas reconnues par la science: des mesures par rapport aux étoiles, au soleil, à la température. Ce que l'époque appelait de la superstition ou de la magie.

Pourtant Willie étaient bien placée pour savoir que la connaissance ancestrale conservée dans ces livres fonctionnait. La jeune femme l'utilisait tous les jours.

Elle ferma le poing, et la flamme s'éteignit.

Willie soupira. Le vent souleva un instant ses cheveux bruns. C'était l'aube, la rosée s'était déposée sur les pages jaunies des livres. Willie sentait la fraîcheur humide imprégner sa robe trop légère et céchirée par endroit, et des gouttes perlaient au bout de ses cils noirs.
Elle en avait eu marre de sa chambre tout au fond des sous-sols. Les lampes lui faisaient mal aux yeux lorsqu'elle travaillait ainsi toute la nuit, penchée sur des parchemins venant de tous les coins du monde. Alors cette nuit, elle était montée sur la plateforme de l'héliport. Assise là, sur cette hauteur, elle s'était sentie plus calme et plus libre. La morsure de la nuit sur son corps frêle ne l'avait même pas distraite de son étude, et enfin, elle était parvenue à mettre au point cette pommade qui s'enflamme sans brûler celui qui l'utilise.

- Cette nouvelle invention nous sera sûrement utile, dit une voix autoritaire mais douce derrière elle.

Surpirse, Willie se releva d'un bond et aperçut Integra Hellsing qui l'observait. Willie fit une révérence pour la saluer.
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Integral Hellsing



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Sam 26 Jan 2008 - 15:57

Integral pria Willie de la suivre dans son bureau, les deux s'éxécutèrent en silence. Dans la salle faiblement éclairée ils retrouvèrent Charon, l'air un peu nerveux.

Integral s'assied, et commencença

"Bien, vous voilà réunies. J'ai peu de temps et beaucoup de travail, aussi, nous irons droit au but. Vous allez mener à bien une mission ensemble. Je pense que vous ferez l'équipe idéale pour cette affaire qui nécéssite résolution depuis quelques temps maintenant. Un curé d'une petite église en Irlande s'était plaint il y'a quelques temps d'avoir été empoisonné. L'affaire est parvenue jusque nous, car après analyse, il s'est avéré que dans son vin de messe avait été ajouté du sang... humain. Par contre, les analystes n'ont pas réussi à y trouver quoi que ce soit qui aurait pu constituer un poison, et le pasteur n'avait rien consommé d'autre qui aurait pu le contenir. L'affaire avait rapidement été oubliée, mais récemment s'est déroulée la même histoire dans la même église, et au même curé. Il est actuellement hospitalisé, les symptômes semblent plus graves. A nouveau du sang humain, dans le vin de messe. Cette fois-ci, j'ai décidé qu'Hellsing prendrait directement le relais, il y a définitivement quelque chose d'obscur là-dessous.

Veillez à ne pas ébruiter l'affaire, j'aimerais tant que possible éviter les foudres d'Iscariot, autant que de m'occuper d'une de leurs viles affaires de catholiques, mais je ne peux pas me permettre ni de les laisser débarquer ici, ni de laisser ce genre de méfaits avoir lieu en Grande-Bretagne.

Willie, je suis certain que vos compétences dans le domaine lèveront enfin un voile sur cette affaire. Mon expérience m'assurant qu'il y aura très certainement de l'action derrière cette affaire, j'ai décidé que vous feriez équipe avec Charon qui assurera la défense des lieux et la sécurité de l'opération.

Vous trouverez toutes les informations précises quant à la localisation et à l'affaire en général dans ce document. Sur ce, search and ... probably destroy."

Integral se retourna. Vladislav s'était encore fait la malle, probablement pour un combat avec un rival. Elle ne supportait pas trop l'orgueuil des vampires quant aux duels, au non respect des règles qu'ils impliquaient. Peut-être même qu'un officier important de Millenium était dans les parages, sans qu'elle le sâche. Elle observait la pluie au dehors, grogna, frappa du point sur son fauteuil.

Charon et Willie étaient sorties, elle soupira.
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Charon



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Sam 26 Jan 2008 - 23:25

Charon quitta le bureau de la directrice avec un étrange sentiment de plénitude. Peut-être était-ce parce que la mission concernait un homme d'eglise, elle avait l'impression qu'elle trouverait ce qu'elle cherchait lors
de cette mission. Cependant, le fait d'avoir une équipière pour cette mission la gênait. Non pas que le fait d'être accompagnée la dérangea, seulement la pleine lune arrivait à grands pas, et elle n'était pas sûre qu'il n'y ait pas quelques morts ce jour-là, y compris la jeune humaine qui l'accompagnait.
"Si ça te dérange tant de te transformer en bête sanguinaire à la pleine lune, je peux essayer de te fabriquer une potion qui te fera te transformer en loup inoffensif pendant toute la nuit." dit l'alchimiste, comme si elle avait lu dans les pensées du lycanthrope.
Surprise, Charon s'arrêta un instant et considéra la proposition. C'est vrai que cela l'aurait beaucoup arrangée de ne plus devoir organiser de sanglants festins aux soirs de pleine lune, mais d'un autre côté, elle se dit que cette puissance qui s'accumulait entre deux pleines lunes était bien utile.
"Non merci, répondit-elle, j'essaierai de trouver un moyen pour m'isoler ce soir-là ... si on ne trouve pas de nid de goules ou de vampires, bien sûr !"
Willie haussa les épaules, et elles reprirent leur marche à travers les couloirs.
"Au fait, demanda Charon, tu n'aurais pas une potion contre les mauvais rêves récalcitrant ?"
La jeune alchimiste réfléchit un instant.
"-Ca doit pouvoir se trouver.
-Merci ... Willie."

Les griffes de la louve-garou s'enfoncèrent dans les accoudoirs en cuirs de son siège. L'avion ! De tous les moyens de transport, celui-là était sûrement celui qu'elle détestait le plus !
En silence, elle serra les dents et maudit Integra d'avoir préféré l'avion au train.
"Je peux vous servir quelque chose ?" demanda l'hôtesse qui s'était approchée des deux jeunes filles.
Charon tourna la tête et, sans que son visage ne trahisse la moindre expression, lui lança un regard de son unique oeil qui était très significatif.
La femme recula, effrayée, et rejoignit l'autre bout de l'appareil à une vitesse étonnante.
Pestant contre l'impossibilité des humains à se mêler de ce qui ne les regardait pas, la lycanthrope risqua un regard par la fenêtre ... et ses griffes lacérèrent carrément le fauteuil !
Elle se demanda comment pouvait faire Willie pour supporter le voyage.
La jeune fille était d'un calme absolu, comme à son habitude (enfin, la plupart du temps, paraît-il ...) et était plongée dans la lecture d'un livre au moins trois fois plus vieux que la louve-garou.
Cette dernière décida que le meilleur moyen de ne pas penser à la distance la séparant du sol était de dormir un peu.
La jeune fille ferma donc les yeux et pria pour ne pas être sujette à une crise de somnambulisme pendant son sommeil.
Puis elle sombra dans des ténèbres profondes.
A ses côtés, Willie ne remarque qu'une légère décrispation de ses doigts sur les accoudoirs en lambeaux. Elle se dit que la louve-garou ne cauchemarderait pas cette fois-ci et se replongea dans la formule qu'elle essayait de comprendre et d'assimiler.
De toute manière, si quelque chose devait arriver, leur avion n'arriverait pas à destination avant deux bonnes heures, alors autant s'occuper intelligemment.


[HS RP] Willie, je ne sais pas si les dialogues correspondent à la mentalié de ton personnage. Sinon, je suis désolée, et je corrigerai ça la semaine prochaine ![fin HS RP]
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Willie Knox



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Lun 11 Fév 2008 - 19:37

L’agitation sauvage des flammes se reflète en une tâche jaune sur l’épais liquide rouge sombre qui s’écoule des chairs encore chaudes. Une coupe est plongée dans le sang, elle est porté aux lèvres. Des mots rituels sont prononcés.
Willie tourna la page de son livre.
Une autre gravure se présente à ses yeux. Plus récente : environ 50 ans après Jésus Christ. Les traits sont brouillons, cette gravure est l’œuvre d’un petit artisan de village, sûrement Galiléen. Jésus est entouré de ses disciples, il leur tend une coupe de vin. L’image est en noir et blanc, sauf le vin qui est coloré. A mieux examiner le dessin, le poignet du Christ est entaillé, un peu de sang goutte sur la table de bois.
Wille fronce les sourcils. Le vieux papier craque lorsqu’elle tourne la page.
Une très forte contre plongée sur un corps d’homme, un tableau qui semble dater du XV° siècle. La toile a été déchirée, le visage effacé. Le vandale avait dû s’acharner sur la bouche et les yeux, là où la toile a été tellement grattée qu’elle s’effiloche.
Willie tente de deviner… mais c’est sans succès.
Sur la page, en dessous du tableau, un symbole a été reproduit : un homme couché, seulement vêtu d’un pagne, il a une blessure aux côtes. Son visage jeune, barbu a l’inexpressivité d’un mort. Mais un de ces yeux est ouvert, comme un veilleur malfaisant.
A n’en pas douter, le symbole portait la même image que celle représentée sur le tableau. Le christ au tombeau, éveillé.
Willie feuilleta l’ouvrage plus loin. Ensuite, comme elle le pensait, on voyait l’habituelle représentation du Comte, grande cape qui semble vouloir engloutir le monde, sourire fou et yeux injectés de sang. Puis ensuite, d’autres vampires célèbres.
Willie referma le vieux livre.
Certainement, ce livre cherchait à montrer les points communs entre sacrifices humains, communion chrétienne et vampirisme : le sang. C’est lui qui transmet la force d’un être à l’autre.
- Alors selon ce livre tu serais un vampire, Jeez ? prononça Willie d’une voix fluette, inaudible même pour la louve-garou pourtant assise tout près.
Willie sourit doucement. Cela ne changerait pas grand chose pour elle, que le christ soit un vampire. Tout ce qu’elle lui demandait, c’est d’être avec elle. Si près qu’elle pouvait lui parler.
En y réfléchissant, il n’était pas surprenant que les hommes aient confondu un vampire avec un fils de Dieu. Certains sont si puissants… Ensuite, pour perpétuer la légende du messie à l’âme pure et pour éviter d’apeurer les fidèles, on avait tout fait pour cacher la vérité. Voilà pourquoi ce tableau du XV° avait été si abîmé.
A moins que le livre ne soit qu’un tissu de mensonges concocté par une secte vampirique, c’est à dire par un groupe d’humains qui révéraient les vampires.

Willie s’appuya à l’accoudoir et regarda les nuages frôler le ventre de l’avion à travers le hublot. A côté d’elle, la petite louve gronda dans son sommeil.
Cette affaire était étrange… Le sang transmet la force, ou du moins veut-on croire dans certaines religions que c’est le cas. Mais en aucun cas le sang humain peut empoisonner un quelconque curé…
Willie sourit, carnassière : un cas intéressant. Elle disséquerait l’homme d’église vivant s’il le fallait, mais elle trouverait ce que cet empoisonnement signifiait.
Cela lui faisait du bien de sortir du manoir, elle n’avait pas l’habitude d’être enfermée.

L’avion atterrit sur une piste privée à peine tracée, recouverte d’herbes folles battues par les vents froids de l’Irlande. A l’horizon : rien. Rien que de la végétation jaunie. Un petit sentier menait à un village serré frileusement autour de sa petite église de pierre grise qui ressemblait davantage à un oratoire.
Les deux filles pénétrèrent dans le village, deux ombres sombres, l’une aux contours flottants au vent, fluette et insaisissable, l’autre dégageant une aura de force brute presque imperceptible.
Integra avait dit que le prêtre était hospitalisé. Mais vraiment, Willie ne s’attendait pas à ça : Charon et elle s’arrêtèrent devant un grand bâtiment dont les tuiles du toit formaient des mosaïques à la couleur passée. Une petite cloche se balançait légèrement dans le clocher intégré à l’édifice. Une grande porte de bois sombre s’ouvrit en grinçant pour leur laisser passage, et une figure encapuchonnée leur fit face. Les yeux du moine étaient invisibles, ses mains étaient cachées dans les manches larges de sa robe prune sombre.
La pénombre du hall les entourait, à peine trouée par la lueur tremblante de bougies.
- Est-ce vous qui avez fait appel à Hellsing, frère ? demanda Willie.
Le moine hocha légèrement la tête.
- Toutes nos médecines ont échoué, nos exorcistes ne savent pas identifier le mal. Notre méditation nous a révélé la possibilité de vous appeler.
Le frère sortit une de ses mains blanches et osseuses qui tenait un chapelet pour indiquer de pénétrer plus avant. Willie et Charon avancèrent. Elles parvinrent sur une cour intérieure bordée de piliers.
Willie suivait en silence, songeuse. Cet hospice avait été fondé à la fin des années 1590, elle avait vu la date de construction en haut de la porte. Elle se rappelait avoir lu que beaucoup de groupes de moines missionnaires en charge de reconvertir les protestants d’Angleterre au catholicisme s’étaient réfugiés dans les régions voisines afin d’échapper à la peine de mort Elizabeth I les avait menacés. Il était pour le moins étrange que des moines catholiques fassent appel aux chevaliers protestants…
Ils montèrent une volée de marches creusées par les passages des robes silencieuses.
L’odeur d’antiseptique agressa les narines d’alchimiste de Willie. La grande pièce était parsemée de lits séparés par de lourds rideaux de toile beige.
Dans l’un d’eux, une figure pâle et verdâtre respirait dans un râle interminable. Ses yeux étaient vitreux, une mousse jaune s’échappait de ses lèvres.
Willie mit un masque devant sa bouche et son nez puis s’approcha de l’homme d’église.
Avec des gestes précis et rapides, elle ausculta le prêtre, s’arrêta sur les mains aux ongles jaunis.
- Quels ont été les premiers symptômes ? demanda-t-elle de sa voix à peine audible.
- Fièvre, tremblements.
Willie se retourna pour faire face au moine. Elle le regarda de ses immenses yeux gris.
- C’est bel et bien un empoisonnement. Où est la coupe où vous avez trouvé du sang humain ?
- Elle a disparu.
Willie fronça les sourcils.
- Comment cela ?
- On nous l’a volée.
Willie regarda Charon : tout cela était bien étrange et ce moine n’inspirait pas confiance.
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Charon



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Mar 12 Fév 2008 - 0:51

Les yeux de Charon croisèrent ceux de Willie. Ce moine était bien distant avec elles, alors qu'il aurait plutôt du leur proposer son aide pour résoudre cette affaire qui semblait pour le moins étrange.
La louve s'approcha du prêtre agonisant étendu dans son lit et se pencha légèrement au-dessus de lui. Juste assez pour déterminer les différentes effluves qui émanaient de son corps.
Instantanément, elle identifia deux odeur : du sang humain et du vin ; bien sûr, cela ne lui servirait pas à grand'chose, sinon à confirmer ce que tout le monde savait déjà. Mais une autre odeur, quasiment imperceptible, même pour elle, se dégageait du mourant. Sans doute l'odeur du poison dont venait de parler Willie. Elle croyait connaître cette odeur, pourtant rien dans la mémoire de sa longue vie ne parvint à s'y identifier.
Et les molécules de cette odeur étant particulièrement volatiles (la louve ne l'avait pas sentie avant d'arriver à 40 cm du visage du prêtre), elle en déduit qu'elle ne pourrait pas essayer de retrouver la trace à l'odeur.
Avec un grognement frustré, Charon s'avança vers le moine.
"Depuis combien de temps est-il dans cet état ?"
Le moine pâlit légèrement en voyant les crocs blancs et l'unique oeil luisant de la jeune fille, mais il répondit avec tout son sang-froid.
"Depuis une semaine et demi environ."
La louve leva un sourcil étonné.
"- Il a survécu pendant une semaine et demi dans cet état ?
- Oui, il a toujours été d'une santé robuste.
- Certes, mais à ce stade, je doute que sa "santé robuste" le maintienne encore longtemps en vie. Depuis quand la coupe a-t-elle disparue ?
- Et bien je dirais ... une semaine environ.
- Vous n'êtes pas certain de la date à laquelle cette coupe, cette même coupe qui a empoisonné votre Père a été dérobée ?
- Non, je suis navré."
Le moine releva la tête, et remarqua que les deux jeunes filles avaient leurs yeux braqués sur lui. Se sentant soudain très mal à l'aise, il dit :
"Et maintenant mesdemoiselles, si vous voulez bien m'excuser, mais j'ai encore beaucoup de travail. Cet incident nous a tous boulversé et nous avons quelque peu ... négligé nos obligations."
Sur-ce, il tourna les talons et sortit de la pièce sans ajouter un mot. La louve le suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus le voir, puis se retourna pour regarder le prêtre encore une fois. Willie était concentrée sur le corps, examinant les ongles, soulevant les paupières qui se fermaient involontairement, regardait la mousse s'écouler de la bouche entrouverte ...
Charon soupira. Elle était persuadée que la jeune alchimiste trouverait ce qui avait mis cet homme dans cet état lamentable. Enfin, elle espérait qu'elle trouverait avant qu'il ne rejoigne réellement Dieu ...
Elle marcha jusqu'au bout de la grande salle et s'assied dans l'angle du mur. Elle se repassa le film de sa conversation avec le moine, et un détail la marqua soudain, même si ça ne pouvait être qu'une chose sans importance. De toute la période où il avait été avec elles, de leur accueil jusqu'à ce qu'il les laisse, il n'avait pas prononcé le nom du Père une seule fois.

Les ténèbres. Le froid. La pluie. Le sang. L'excitation. Une petite foule de religieux encapuchonés, s'adonaient à un rituel dont la louve ne connaissait pas le sens. Tout ce qu'elle savait, c'est que ces gens étaient des fanatiques. De quoi, elle s'en moquait, tant qu'elle pouvait les tuer. Elle s'avança vers le cercle de manteaux gris. Semblant sentir sa présence, tous se tournèrent vers elle, visages cachés sous de logues capuches. Soudain derrière eux, une silhouette sombre, menaçante comme la mort, apparue dans une gigantesque cape noire, qu'elle étendait telle deux ailes maléfiques. La seule chose discernable de cette silhouette, c'était les yeux. Des yeux rouges de haine et de folie meurtrière, des yeux rouges sang à la pupille fendue ... Soudain, les ténèbres se firent toutes entières autour de la louve. Ne restaient que ces yeux, qui se rapprochaient plus près, de plus en plus près ...
Charon s'éveilla en sursaut. Enfonçant ses griffes dans sa chaire pour s'empêcher de hurler, elle rassembla ses sens et essaya de se rappeller ce qui s'était passé avant qu'elle ne s'endorme. Elle se souvint du prêtre, mourant sur son lit dans cette infirmerie. Elle se souvint de Willie qui avait observé et analysé les symptômes de cet homme, ce qu'elle faisait encore lorsque la louve s'était exilée dans le coin de la salle. Elle se souvint du comportement étrange du moine qui les avait accueillit, du fait qu'il n'ait pas prononcé le nom du Père une seule fois. Et après, néant. Elle ne se souvenait pas avoir ressentit des signes de fatigues, étant donné qu'elle avait dormit quasiment tout le long du trajet qui les avait conduite ici. Ce genre de rêve ne lui plaisait pas. La vision de ces yeux rouges si près d'elle lui donnait des frissons dans le dos, sans qu'elle sache pourquoi. Elle décida de garder cet incident pour elle et le chassa de ses pensées actuelles.
Elle se leva et, discrètement, comme elle l'avait toujours fait, elle rejoignit Willie qui, par chance, était encore auprès du prêtre. Ne constatant pas d'amélioration dans l'état de l'homme, la louve se dit que Willie n'avait sans doute pas encore trouver le poison qui le tuait lentement.
Elle dit à l'alchimiste qu'elle allait dans le village afin de voir si elle ne pouvait pas récolter quelques informations concernant le prêtre et les évènements qui ont précédé son empoisonnement.
La jeune fille ne disant rien, Charon sortit de la pièce, puis du bâtiment, pour se retrouver dans les rues balayées par le vent permanent du pays.

Le ciel couvert par de gris nuages, Charon ne pouvait savoir exactement l'heure qu'il était. Elle supposa qu'on devait approcher trois heurs de l'après-midi. Déambulant à travers les rues, enveloppée dans son long manteau noir, capuche rabattue sur son visage, elle avançait, oeil fermé, en quête d'une odeur, d'un bruit, d'un quelconque indice pouvant l'aider à retrouver cette satanée coupe.
Soudain, un frisson lui parcourue l'échine. Elle ouvra son oeil jaune, aux aguets. Dans la ruelle à sa droite, quelqu'un l'observait. Cette personne, voyant que la louve l'avait remarqué, tourna les talons et s'enfonça dans la ruelle. Flairant le piège, Charon décida malgré tout de suivre cette personne. Marchant d'un pas vif, elle le suivait discrètement et l'avait presque rattrapé lorsque, soudain, au coin de la rue, il se mit à courir avec une vitesse telle que la louve n'en n'avait jamais vu chez un homme. Voulant le poursuivre, elle se mit à trottiner, persuadée qu'elle rattraperait facilement un humain à la course.
Mais, arrivée au coin du mur, la rue devant elle était aussi déserte de vie qu'elle d'explication à cet évènement. Méfiante, elle contempla longuement la rue, puis leva la tête vers les toits. Personne. Elle ferma les yeux et tendit l'oreille. Le vent soufflait trop fort pour distinguer le moindre son. Et il avait emporté avec lui dans sa course la moindre odeur qui aurait pu mener au chemin que cette personne avait suivit. Charon ouvrit les yeux, intriguée. L'être qui l'avait observée s'était volatilisé dans les airs.
Encore surprise, elle fit demi-tour et regagna la rue principale.
Décidément, cette affaire s'annonçait beaucoup plus étrange que ce qu'elle avait cru ...


Dernière édition par le Mer 13 Fév 2008 - 14:48, édité 5 fois
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Bella



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Mar 12 Fév 2008 - 20:06

Joliment maitrisé, j'aime beaucoup... Smile
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Willie Knox



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Mer 13 Fév 2008 - 15:10

Une fois la louve partie, Willie entreprit de relever des échantillons sur le corps malade du prêtre sans que le moine s’en aperçoive.
- Je croyais que voter Dieu n’aimait pas le mensonge, dit-elle pour le mettre mal à l’aise alors qu’elle glissait subrepticement un morceau de peau dans un flacon.
Le moine resta silencieux un moment.
- Dieu m’est témoin que je n’ai commis aucun péché, ma fille.
Willie ne dit rien, mais elle s’était bien aperçue que l’on pouvait interpréter doublement ces paroles : il n’avait pas menti, ou bien il avait menti et pensait que Dieu autorisait ce mensonge pour le Bien.
- Y a-t-il eu d’autres cas semblables, ou d’autres morts étranges ? demanda-t-elle en posant sur lui ses grands yeux innocents alors que sa main glissait des cheveux dans un sachet en plastique.
Le moine fit un signe de tête négatif.
- Pourquoi n’est-ce pas le supérieur de votre ordre qui est venu nous accueillir ?
- C’est un homme très occupé.
Willie cacheta un autre tube d’échantillon.
- Pouvons-nous espérer que vous nous fournissiez le coucher, mon père ? demanda Willie d’une voix qui paraissait naïve.
Avec son air faible, on avait souvent tendance à croire que son esprit l’était aussi. Pourtant, derrière son ton de voix doux et incertain, la jeune fille cachait une assurance et une débrouillardise héritée de son enfance passée à errer dans les bas quartiers londoniens au milieu des malfrats et des voleurs.
- Bien sûr, ma fille.
La surprise que Willie éprouva ne toucha pas l’expression figée de son visage.
- Nous vous avons préparé une cellule dans les sous-sols. J’espère que vous nous pardonnerez pour l’humilité de votre hébergement.
- Je vous remercie, mon père.
Les sous-sols. L’endroit le plus éloigné du lit du prêtre.
Willie indiqua au moine qu’elle voulait examiner l’église et sortit de l’hospice.
Après l’air douceâtre de l’hospice, le vent frais la revivifia. Charon n’avait pas reparu. Elle la retrouverait bien. Tant que la jeune louve n’avait pas de crise. Il faudrait que Willie surveille cela de près.
La visite de l’église n’était qu’un prétexte. Même si Willie avait l’intention de voir le lieu du crime, elle avait plus urgent à faire.
La jeune femme s’assura de n’être suivi de personne et de n’être vue d’aucun moine, puis elle frappa à la porte de la première maison qu’elle vit. La porte grinça, s’ouvrit juste assez pour qu’un œil méfiant l’examine de haut en bas. Aussitôt que le regard eût considéré Willie en détail, il perdit de sa méfiance, la porte s’ouvrit en grand.
- Ma pauvre petite, qu’est-ce que vous faites ici, débraillée comme vous l’êtes dans ce froid ? Entrez, entrez !
C’était la réaction habituelle que tout le monde avait face à Willie : l’attendrissement.
Willie sourit à la femme et entra dans la maisonnette de pierre. Elle se trouva dans un salon encadré de canapés anciens regroupés autour d’une cheminée où le feu s’ébattait.
La femme d’âge mûr dont les épaules étaient enveloppées dans un châle fit asseoir Willie près du foyer.
Au dessus du manteau de la cheminée, Willie remarqua un crucifix de bois.
- Je suis une nièce de votre bon prêtre, je venais voir mon oncle avant qu’il ne rende l’âme, expliqua Willie en mentant si innocemment que la femme en eut presque les larmes aux yeux.
- Oh, le père O’ Bryan était un si bon prêtre ! s’exclama-t-elle.
- Oui, même si je ne l’ai pas vu souvent car nous habitions en Angleterre, je me souviens très bien des quelques leçons de catéchisme et de latin que mon oncle m’a données…
Les larmes couvrirent les iris gris de Willie.
- Pauvre petite…
- Et les moines disent ne pas savoir de quoi il souffre ! Pourquoi est-ce tombé sur lui ? dit Willie, le visage enfoui dans les mains, la voix tremblante.
Mal à l’aise devant la tristesse de la jeune femme, l’irlandaise se tortilla sur son bout de canapé, regarda ses ongles, puis dit sans lever les yeux :
- Il n’a rien fait de mal, tu sais… il n’est pas le seul…
Elle leva alors les yeux pour regarder Willie.
- Moi je dis que c’est une malédiction, dit-elle avec véhémence.
Willie sourit malicieusement derrière ses mains. Elle renifla un ou deux fois.
- Une malédiction ?
- Il y a un moine qui est mort il y a peu de temps. Il avait un peu la même maladie que le curé…On l’a enterré dans le petit cimetière derrière l’église. Mais il y a une chose bizarre…
La femme fit une pause. Willie pouvait voir qu’elle avait peur.
- Le vieux Kenton est revenu l’autre jour en passant par le cimetière. Et il a entendu des bruits. Tout le monde s’est foutu de lui parce qu’il est un peu sénile. Mais moi, j’suis pas sûre…

Willie jeta un coup d’œil au jardin alors qu’elle faisait signe à l’Irlandaise. Elle descendit le chemin jusqu’au centre du village, observant à la dérobée les potagers des paysans. Perdue dans ses réflexions, elle ne vit pas la silhouette noire qui s’approchait d’elle.
Elle la percuta de plein fouet.
- Charon ! s’exclama Willie. Tu as du nouveau ?
La louve lui raconta sa poursuite. Si Willie fut surprise, elle ne le montra pas.
- Pour ma part, dit Willie avec un air malicieux en brandissant quelques tubes de verre, j’ai des échantillons. J’ai aussi fait le tour des jardins, et beaucoup de plantes que cultivent ces gens peuvent entrer dans la composition d’un poison... En tous les cas, je pense que cette nuit nous allons découcher.

Vraiment, le temps semblait n’avoir pas évolué depuis le XIX° siècle, dans ce village. La nuit était totalement opaque. Aucun rayon de lune ne perçait l’épaisseur des nuages noirs. Aucun lampadaire n’éclairait les ruelles pavées. Une fine bruine venait tremper de sa fraîcheur la robe ample et lâche de Willie.
Elle sentait l’excitation de Charon qui marchait à ses côtés.
L’église dressait sa forme lourde au milieu d’un petit cimetière entouré d’un mur de pierre piqueté de mousse. Un ou deux cyprès penchaient leur tête sombre et menaçante au dessus d’un champ de petites croix de bois toutes penchées, dont certaines devaient dater des siècles précédents.
Tout était silencieux si ce n’est les hululement lugubre des hiboux.
- Ca doit être une tombe fraîche, murmura Charon.
Willie acquiesça. Elle s’engagèrent sur le chemin gravillonneux qui serpentait entre les tombes. Willie serra les dents : leurs pas crissaient, il ne fallait pas qu’on les entende.
- Je n’arrive pas à lire les noms, grogna Charon.
- Tu ne trouves pas étrange qu’on enterre un moine au cimetière ?
- Il ne devrait pas plutôt être enseveli dans le monastère ? Enfin, dans l’hospice ?
Willie lui sourit. Si.
- Cela signifie qu’il a été exclu de la communauté. Pour quelle raison ? La peur d’une malédiction, du diable ? Ou d’une autre créature de la nuit ?
L’excitation était perceptible dans la petite voix si douce de Willie.
- Là, indiqua Charon en stoppant pile devant une tombe brune dont la terre avait été soulevée récemment. C’est la seule tombe où la croix est couchée et où il n’y a pas de nom…
- Chut ! lui intima tout à coup Willie.
Le vent faisait vibrer les feuilles des arbres. Mais au milieu de ce bourdonnement, un autre bruit se faisait entendre : des coups étouffés, réguliers, qui venaient de sous leurs pieds, là, au fond de la tombe.
Willie frissonna, une sensation désagréable s’installa au fond de ses entrailles.
- Oh non… je déteste ça, murmura-t-elle avec effroi.
Charon lui tendit une pelle qu’elle dissimulait sous son long manteau.
Avec une grimace, la jeune femme se mit à l’ouvrage à côté de la louve qui soulevait de grandes pelletées.
Les bruits se faisaient plus proches, plus sinistres à chaque poignée de terre humide qui se soulevait.
La pelle de Charon buta contre un objet dur. Les deux jeunes femmes déblayèrent le cercueil de planches.
Le bruit emplissait tout l’espace autour d’elles.
Willie tendit un masque à Charon, puis elles sautèrent toutes les deux dans le trou.
Elles introduisirent leurs pelles dans les interstices entre les planches et firent levier. Les clous cédèrent facilement. Charon souleva le couvercle.
Un visage grimaçant leur fit face. Toutes dents dehors, les traits déformés, le cadavre en putréfaction les accueillit de son odeur putride.
Willie ferma les paupières, comme si les miasmes pouvaient pénétrer en elle par les yeux.
De la gorge du mort s’échappaient des bruits de mastication.
- Masticatio mortuorum, dit Willie entre ses lèvres. C’est bien ce que je pensais. Il n’y a rien à voir sur ce corps…
- Hein ? dit Charon.
- La masticatio mortuorum est un phénomène qui se produit lors de la putréfaction. C’est tout simplement du gaz sortant du cadavre qui produit ce bruit, c’est assez classi…
Willie s’interrompit. Elle venait de remarquer l’état de décomposition étonnement plus avancé au niveau du cou. Willie sortit un couteau de sous sa robe et le planta dans le bras pour ouvrir les veines. Une fois qu'elle eût examiné l'entaille, Willie suspendit tout mouvement.
- Quoi ? s’inquiéta Charon.
- Ce moine a été vidé de son sang avant d’être enterré.
Willie se tourna vers Charon : se pouvait-il que la silhouette qu’elle avait pourchassée plus tôt dans le village soit un vampire ?

[rdv sur msn, Charon, faut que je te parle de deux trois trucs^^]
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Charon



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Dim 17 Fév 2008 - 0:05

Charon était troublée. La possibilité qu'un vampire soit impliqué dans ces évènements la dérangeait terriblement. Non pas que croiser la route d'un vampire fusse un problème pour elle ; en plus de cela, elle était persuadée que l'être qu'elle avait suivit dans les rues du village n'était pas un humain : aucun humain, même avec une issue cachée dans un mur en cas de panique, ne peut s'évaporer dans les airs comme celui qu'elle avait suivit avait fait. Non, quelque chose d'autre la troublait. Et cela était en rapport avec le rêve qu'elle avait fait dans la journée. Les yeux rouges lui avaient semblés si présents, si réels, qu'elle était presque sûre que Willie avait raison, et qu'elle avait poursuivie un vampire.
Pourtant, un détail la chiffonait.
"-Dis-moi, Willie ...
- Hum ?
- Un vampire, ça n'est pas censé ne pas sortir sous la lumière du jour ?"
Willie regarda Charon dans les yeux. Son visage ne trahit pas la moindre émotion, pourtant la louve sentit une imperceptible exitation dans la voix de la jeune femme, lorsqu'elle prononça :
"Si, un vampire ne peut pas s'exposer à la lumière du jour."
La louve la regarda alors dans les yeux, ne comprenant pas comment cela était possible, lorsque soudain, une pensée la frappa violemment.
"- Si ce que j'ai poursuivit n'était ni un humain, ni un vampire, alors ça voudrait dire que c'était ...
- QUI VA LA ??"
Charon et Willie tournèrent brusquement la tête vers le sommet du trou.
Là-haut, une vieille lampe à huile dans une main, un vieillard en robe de moine les regardait, effrayé et révolté, d'autant plus que le cercueil était toujours ouvert, laissant apparaître la face décomposée du cadavre.
" Vous ! Comment avez-vous osé profaner la tombe de notre défunt frère ? Vous subirez le châtiment que Dieu réserve à ceux de votre espèce, qui ..."
Un craquement sonore l'interrompit avant la fin de sa phrase. Enervée, Charon avait serré le point de plus en plus fort sur le manche de sa pelle, et venait de le casser en deux. Sans cesser de regarder le moine, qui était devenu encore plus pâle que le cadavre, elle ouvrit la main et laissa tombé ce qui restait de son outil. Rien, ormis son oeil jaune brillant de colère, ne trahissait la moindre émotion sur son visage. Et ourtant, en elle grondait une colère impressionant et un mépris terrible.
"Sans "ceux de notre espèce", il se pourrait fort que votre misérable petit village ne devienne une cité fantôme d'ici à la fin du mois ... alors, à moins que vous ne souhaitiez avoir la responsabilité de plusieurs dizaines de morts sur votre conscience de religieux, je vous conseil de parler moins fort et de ne rien raconter à personne !"
Le moine s'empourpra. Il ne laisserait pas cette jeune vandale lui faire la leçon ... surtout qu'il ne comprenait pas pourquoi elle lui tenait pareil discours !
"Je n'ai d'ordres à recevoir que de Dieu ! Partes, misérables, partez, sinon ..."
Charon venait de bondir hors du trou et avait atterrit juste devant le moine, qui maintenant tremblait comme une feuille. La louve fit un pas en avant, lui était près à détaler à toute vitesse, mais le regard imposant de l'unique oeil jaune à la pupille fendue, suffit à le clouer sur place.
Pendant ce temps, Willie était, elle aussi, sortit de la tombe, et vint se placer derrière Charon, qui se calma légèrement.
"- Mon frère, dit Willie, nous sommes des agents de Hellsing envoyées en mission ici et ...
- Hellsing ?"
Le frère s'avança et pris la main de la jeune femme dans les siennes.
"Loué soit le Seigneur ! Il a conduit ma demande jusqu'à vous pour que vous nous débarassiez enfin de cette créature infernale !"
La louve et l'humaine se regardèrent : il se pourrait fort que Charon ne soit pas la seule créature non-humaine dans cette histoire ...

" Je suis tellement désolé de vous avoir dérangé dans vos investigations, pardonnez-moi ..."
Depuis le cimetière jusqu'aux sous-sols de l'hospice, le moine n'avait cessé de se répandre en excuse et en louanges sur Hellsing.
A bout de nerfs, Charon finit par lui dire :
"Ok, c'est bon, on vous pardonne volontier, si vous arrêtez de vous excuser et si vous nous racontez ce que vous savez de cette affaire !"
Le moine la regarda, encore sous le choc de la réaction qu'elle avait eu précédemment.
"Oui, bien sûr, je vais tout vous dire, veuillez m'excus ..."
Il se tut, venant de croiser les regards de Charon et de Willie.
S'asseyant sur l'un des deux lits qui avaient été préparés pour elles, il commença à leur donner les informations qu'il possédait.
"Tout cela a commencé lorsque notre bon Père O'Bryan a été empoisonné pour la première fois ... à cette époque, nous avions déjà discerné quelques symptômes -infiniments moins graves- identiques à ceux qui minent sa vie en ce moment même ... nous n'avions pas réagit, bien sûr. Mais je pense que si nous vous avions appellés plus tôt, nous n'aurions oas à subir cette situation horrible qui nous frappe maintenant ...
Enfin bref, notre bon Père s'étant remis assez rapidement de sa maladie, nous avons repris notre vie comme si de rien n'avais jamais été ... Mais voilà maintenant un mois, un de nos frères est tombé malade de la même maladie que Père O'Bryan, sauf ... lui est mort ..."
Le moine garda le silence pendant quelques secondes, tremblant légèrement, puis poursuivit.
"Nous avons trouvé dans son lit un cadavre livide ... et complètement exsangue. Nous l'avons enterré derrière l'église, de peur que le Démon qui l'avait emporté ne revienne s'acharner sur lui dans sa dernière demeure ... mais nous nous rendons compte que cela n'a servit à rien ... maintenant, notre Père, notre bon Père est mourrant, et ..."
Il ne put en dire d'avantage.
Charon et Willie se regardèrent, et décidèrent de laisser partir le moine : elles arriveraient bien à trouver quelque chose d'intéressant dans le discours qu'il venait de tenir.
Elle le conduisirent donc jusqu'à l'entrée de la pièce.
Mais il s'arrêta sur le pas de la porte, et leur dit :
"Surtout, ne soufflez mot de ce que vous savez à personne."
Intriguées, les jeunes femmes lui demandèrent pourquoi.
"Et bien ... ,répondit le moine, visiblement gêné, c'est que, voyez-vous, notre Père supérieur nous a ... ordonné de garder le silence sur cette affaire et de n'en rien dire à qui que ce soit. Mais j'ai cru qu'il était de mon devoir que votre organisation soit mise au courant. Vous et moi êtes les seuls à savoir qui vous êtes réellement, alors pitié, silence !"
Et il sortit de la pièce.
Il n'avait pas remarqué que sa déclaration avait rendue Charon et Willie pâles comme des cadavres ....


[HS RP : Willie, désolée de la petite taille de ce post. En plus, je ne suis pas sûre qu'il convienne parfaitement. Si c'est le cas, je corrigerai dès que possible ! Promis !]
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Willie Knox



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Mar 19 Fév 2008 - 22:34

Willie voyait que Charon ne parvenait pas à dormir : elle était trop nerveuse, et lorsqu’elle parvenait à se détendre assez pour glisser dans un demi-sommeil, des cauchemars l’agitaient.

Quant à Willie, elle avait tenté de ne penser qu’à ses expériences. Elle avait installé son matériel de chimiste dans un coin de la minuscule chambre, et elle avait commencé les recherches. Il lui faudrait encore un peu de temps pour déterminer les composantes du poison. Mais à première vue, ce n’était pas un poison commun. Les effets étaient trop lents et différents de tout ce que Willie connaissait.

La vapeur des alcools remplissaient la pièce.

Même si Charon ne parlait pas beaucoup, Willie sentait le besoin de solitude et d’espace. Le malaise qui envahissait le village la gagnait, et l'influence bienfaisante d'Integra manquait pour calmer l'esprit fragile et instable de Willie.
- Je vais voir le père O’Bryan, lança-t-elle de sa toute petite voix.

Elle n’était pas bien, ses mains tremblaient, elle avait besoin de…

Elle tituba jusqu’à la porte. Charon remua légèrement. Willie lui fit signe que tout allait bien et qu’elle ne voulait pas d’aide.

Elle referma la porte de bois derrière elle, resta un moment appuyée contre le montant sans bouger, la tête levée vers la voûte du plafond. Sa respiration était courte. Elle marcha lentement dans le couloir où l’odeur douceâtre de bougie l’agaçait. Elle manqua tomber et se rattrapa à un pilier. Elle l’entoura de ses bras comme s’il se fut agi d’une personne. Son visage exprimait la douleur, mais elle ne laissa échapper aucune larme.
- Jeez…
De prononcer le nom sous lequel elle désignait Dieu la calma un peu. Elle sentait comme une présence reposante à ses côtés. Elle continua de déambuler dans les couloirs. Les chants religieux parvenaient jusqu’à elle.

A travers une porte devant laquelle elle passait, Willie entendit confusément un moine prier pour la réussite d’une mystérieuse entreprise. Willie s’approcha doucement pour écouter. Sa tête tournait. Sans réfléchir à ce qu’elle faisait, elle poussa la porte. Mais à cet instant, une ombre en robe de moine sortit en toute hâte, la bouscula violemment et s’enfuit à toute jambes. Willie tenta de le poursuivre, mais le moine se noya dans la foule des autres moines qui marchaient dans les couloirs…

Willie s’appuya contre un mur.

Elle s’en voulait de n’avoir pas pu poursuivre ce mystérieux moine. La culpabilité qu’elle ressentait augmenta encore d’avantage sa crise.
Elle préféra se diriger vers le clocher avant d’aller voir le prêtre.

Elle monta les esclaiers, parvint au niveau du toit, se glissa jusqu’à la corniche, marcha le long du toit en regardant en bas. Elle titubait, ses pieds fins se posaient sur le rebord du toit, hésitants. Finalement, elle trouva un endroit où s’asseoir confortablement. Elle s’y laissa tomber. Ses doigts tremblaient. Elle trouva dans le sac qu’elle portait toujours à la ceinture un papier plié en quatre rempli d’une poudre qui formait de petits cristaux. Willie en prit une pincée et l’avala.

« Une toxicomane, disait le sourire goguenard aux dents pointues. Pfeuh, elle ne vaut pas la peine de la garder, Integra.
Les lunettes rouges laissaient entrapercevoir les yeux flamboyants du vampire.
Le regard bleu examinait sévèrement derrière la fumée de cigare.
- Ca ne fait pas pour autant d’elle une mauvaise recrue. Elle peut être utile.
Le rire arrogant d’Alucard remplit la pièce.
- Es-tu sûre d’être une femme ? lança Alucard à Willie en approchant son visage méprisant vers le sien.

« Personne ne veut de nous. On est rien. Nothing disait une fille aux yeux rougis, les cheveux ébouriffés vêtue de vêtements qui n’étaient pas à sa taille.
Les murs blanchis à la chaux du vieil orphelinat religieux.

Les eaux de la tamise caressaient les cuisses de Willie. Elle ne pouvait pas bouger. Mais finalement, elle n’était pas morte. Dommage.

« J’ai décidé de la garder, disait Integra, et ses yeux exprimaient la douceur derrière les airs autoritaires.

« notre Père supérieur nous a ... ordonné de garder le silence sur cette affaire et de n'en rien dire à qui que ce soit. Mais j'ai cru qu'il était de mon devoir que votre organisation soit mise au courant. Vous et moi êtes les seuls à savoir qui vous êtes réellement, alors pitié, silence ! disait le moine.


Le vent de la nuit rendit ses esprits à Willie. Elle regarda un instant les étoiles émerger de la vapeur des nuages. Elle venait de comprendre : si les moines étaient si partagés, ce n’était pas seulement parce que ceux qui pouvaient les aider étaient protestants. C’était plutôt qu’ils se sentaient responsables et tentaient de s’en sortir seuls.
La vérité fusa : les moines étaient convaincus que l’un d’eux était coupable.
Mais coupable de quoi ? D’être un vampire ? Pourtant, comme l’avait remarqué Charon, la créature se déplaçait le jour. Et puis, pour l’instant, il n’y avait eu qu’une seule personne vidée de son sang... A moins que ce soit un vampire au régime, une chose clochait.
Tout cela était complètement illogique.

Et puis tout à coup, là en bas, dans les fourrés, Willie aperçut une ombre. Il lui sembla que deux pupilles orangées étaient fixées sur elle.
Elles se scrutèrent longtemps, les prunelles grises de Willie et les oranges qui luisaient dans les arbres, malfaisantes.
Willie glissa subrepticement sa main jusqu’au sac où elle mettait ses poudres. Lorsqu’elle eut refermé le poing sur la substance qu’elle cherchait, elle sut qu’elle devait être extrêmement rapide. Son geste fut aussi vif qu’un éclair, l’ampoule fendit les airs jusqu’à l’ombre. Mais au moment où elle se brisa sur le sol en libérant ses gaz soporifiques, l’ombre avait détalé.
C’est alors qu’avec surprise, Willie aperçut une seconde silhouette, plus mince, courir après la première.
- Charon, comprit Wilie dans un souffle. Non, n’approche pas !
Mais sa voix faible se perdit dans la nuit.

La jeune femme sauta sur ses pieds, galopa sur le rebord du toit, ignorant le danger, dégringola les escaliers du clocher, slaloma dans les couloirs, bouscula des moines encapuchonnés, parvint enfin à sortir de l’hospice.

Lorsqu’elle arriva à l’endroit où elle avait vu l’ombre, une masse sombre était allongée par terre.
Willie s’agenouilla à côté, et elle retourna le corps de Charon qui gronda faiblement.
- Je suis désolée, Charon, je ne pensais pas que tu allais apparaître… Ne t’inquiète pas, ce n’est pas nocif.
Willie tourna les yeux vers la direction qu’avait prise l’ombre. Il ne restait aucune trace de son passage. Willie bouillait de colère contre elle même.
La louve revenait à elle peu à peu.
- Qu’est-ce qui s’est passé, Charon ? Tu as vu ce que c’était, cette ombre ?
- Je…je crois… balbutia la jeune fille-loup en se prenant la tête dans les mains.


Dernière édition par Willie Knox le Mar 19 Fév 2008 - 22:42, édité 2 fois
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Reval von Krusenstern



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Dim 24 Fév 2008 - 4:13

Nhaaaa!!! Je hais le suspense!!! Ça me donne le goût d'en lire plus mais la source est tarie!!! Que faire!!!! Ben, autre chose Laughing
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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Dim 2 Mar 2008 - 1:47

"- Quoi ?
- C'est ce que je voulais te dire au cimetière : c'est un loup-garou !"
Charon elle-même avait du mal à y croire. Mais le plus important, ce n'était pas le fait que cette créature se promène dans le village depuis un petit moment. Il y avait autre chose de nettement plus dérangeant.
"- Willie ...
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Le loup-garou ... il portait un uniforme."
La louve remarqua que les yeux de la jeune femme s'étaient légèrement écarquillés. Elle aussi avait compris ce que cela signifiait.
Toutes les deux murmurèrent leur pensée.
"Millénium."
Ainsi donc, le camp ennemi avait envoyé un de ses membres dans ce petit village d'Irlande ... Et si c'étaient eux qui étaient à l'origine de toute cette affaire ? Il devait y avoir une raison quant à la présence de ce loup-garou ici.
Charon proposa à Willie de retourner dans leur "chambre" pour tenter de tirer cette affaire au clair. La jeune humaine accepta, et elles repartirent vers l'intérieur de l'hospice, Willie soutenant Charon, cette dernière étant encore légèrement sonnée par le gaz paralysant qu'elle avait reçu par accident.

A l'intérieur du halle, Willie s'immobilisa soudain.
" Qu'est-ce qu'il y a ?" demande la louve à voix basse.
La jeune femme lui raconta alors l'étrange comportement du moine dans la pièce devant laquelle elle était passée quelques minutes plus tôt.
Charon réfléchit un instant, puis demande à Willie de l'amener là-bas. Elle essaierait de suivre la trace de l'odeur de cet homme. Willie accepta, et la guida à travers les couloirs.
Ayant retrouvé l'endroit assez facilement, elles s'avancèrent. Mais quelques mètres avant la porte, la tête de Charon se mit soudain à tourner violemment. Elle s'agrippa d'une main à l'épaule de Willie, tint sa tête lancinante de l'autre.
Des images défilaient à toute vitesse devant ses yeux.
Des moines en robes noires et aux visages dissimulés.
Tuer ! Tuer !
Des yeux rouges comme l'Enfer aux pupilles fendues.
Partez ! Partez !
Les yeux disparurent, et une main griffue s'approcha de son coeur, là où se trouvait sa cicatrice.
Laissez-moi ! Vous avez déjà pris mon oeil ! Laissez-moi ! Laissez-moi ! LAISSEZ-MOI !!!
La douleur devint insupportable. Prenant sa tête à deux mains, la louve tomba à genoux, et fit un effort surhumain pour ne pas hurler.
Pendant un moment, elle oublia tout autour d'elle, trop occupée à tenter de repousser les visions de ses propres cauchemars et de ses propres souvenirs qui l'assaillaient sans cesse.
Dans son moment de faiblesse, il lui sembla pourtant entendre un bruit étrange. Faisant un terrible effort pour se contrôler, la louve tendit l'oreille. Un craquement sinistre se fit entendre. Parvenant à s'arracher à ses visions, elle leva la tête vers le plafond et c'est seulement à ce moment-là qu'elle remarqua l'énorme lustre en fer suspendu au-dessus de leur tête. C'était de là que provenait le craquement.
Charon se rendit compte alors qu'il ne tarderait pas à s'écraser sur elles. Mais au moment où elle se levait, prête à détaler à toute vitesse, une pensée la frappa.
Willie ne serait jamais assez rapide pour éviter l'objet.
Crac !
Sans réfléchir, Charon posa sa main sur le torse de Willie, la repoussa aussi loin qu'elle put de sa position initiale. Elle eut tout juste le temps de voir la jeune femme attérir contre un pilier loin du danger ... el le lustre s'écrasa sur elle, dans un fracas assourdissant de métaux entrechoqués et d'objets brisés.

J'ai mal. Comme ce jour-là ... comme ces seuls jours dans ma vie où j'ai eu aussi mal ... comme à chaque fois que je suis morte ! Je le suis, n'est-ce pas ? Je viens de me prendre un lustre en fer d'une tonne en plein sur la tête ! Personne ne peut survivre à ça. Pas même moi ...
Pourtant, j'arrive encore à penser et à distinguer les sons, comme à chaque fois que je meurs. Mais cette-fois, c'est différent ... j'ai l'impression que quelqu'un m'appelle ... bien sûr, ce n'est pas mon vrai nom. D'ailleurs, quel est-il déjà ? J'ai oublié ...
Si je me relève, je me souviendrais peut-être. Est-ce que ça vaut la peine que je me relève encore une fois ?
...
Oui, je crois que oui ...


Charon repoussa violemment le morceau de féraille qui l'empêchait de sortir de cet amas de débris qu'était devenu le lustre. La moitié de son visage qui avait été arraché par l'objet lorsqu'il était tombé se recomposait rapidement, les os se reformant, les nerfs se reconnectant, les muscles se recréant, la peau et les cheveux repoussant. Seul son oeil droit restait détruit. Mais la louve avait depuis longtemps l'habitude d'être borgne.
Se massant le cou là où il avait été détruit, elle rejoignit Willie.
"- Charon ! dit-elle. Est-ce que ça va ?
- Bof, comme quelqu'un qui vient de se prendre un lustre en fer d'une tonne sur le coin de la figure, mais à part ça, tout va bien. Et toi, rien de cassé ? Désolée, je t'ai peut-être poussé un peu fort ...
- Non, ça va, merci."
La louve sourit en coin. Elle était contente de voir que la jeune femme n'était pas blessée.
Relevant la tête, elle regarda l'endroit où était suspendu le lustre quelques instants auparavant. Le plafond était plongé dans l'obscurité, mais cela ne la gênait en rien pour distinguer les moindres détails de la charpentes.
Aussi, ce fut avec certitude qu'elle annonça à Willie que la corde qui retenait le lustre ne s'était pas cassée toute seule. Quelqu'un l'avait coupée.
Un détail attira son regard. Plissant les yeux, elle vit, très loin déjà de l'endroit où l'objet était tombé, deux lueurs orangées qui la fixèrent un moment, avant de disparaître dans les ténèbres de la voûte.
" Willie ... je crois que je sais qui vient d'essayer de nous tuer ..."


[HSRP] Willie, je suis vraiment désolée de la faible longueur de ce post ! Je te promet de faire mieux la prochaine fois ![/HSRP]
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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Dim 2 Mar 2008 - 17:16

[C'est parfait, chou ! Je te demande pas d'en écrire une tartine! Je suis satisfaite à partir du moment où c'est bien écrit et inventif. Et je n'arrête pas de te le répéter: tu es intelligente et tu écris très bien!

D'ailleurs je ne pense pas que mes posts soient plus longs que les tiens... continue à t'excuser et je vais me sentir coupable confused

J'écrirai la suite le week-end prochain, ma philo m'attend]
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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Dim 2 Mar 2008 - 17:44

[HSRP] Merci, je suis contente que ça convienne^^ Et merci pour tes compliments, ça me fait très plaisir^^
Bon courage pour ta philo ![/HSRP]
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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Sam 8 Mar 2008 - 14:50

Alors c’était ça, hein. Un piège. Toute cette mission n’avait été qu’un piège de Millenium pour attirer des membres de Hellsing et les tuer.
Le chaos que leur petit jeu avait entraîné était le bonus, bien sûr: un moine dans un cercueil, un prêtre que l’on tue à petit feu, des villageois terrifiés, des moines prêts à s’entretuer pour chasser le « mal » qu’ils imaginent être en l'un des leurs.

Millenium était bon, ils étaient intelligents et diaboliques. Willie eut un sourire inquiétant.
Elles, elles n’étaient pas mal non plus.

- Charon, je crois que nous ne trouverons pas ici le moine qui m’a bousculé tout à l’heure. Il est temps de faire un raid jusqu’à la pharmacie de cet hospice, dit Willie avec un sourire énigmatique.

Charon leva le sourcil qui n’était pas caché par sa mèche de cheveux mais elle ne dit rien, elle devait sûrement s’habituer à l’attitude de Willie.

Willie sentait à présent l’excitation la gagner. Les ennemis étaient identifiés, proches et dangereux. Un sourire sournois retroussait légèrement les lèvres pâles de la jeune alchimiste. Elle marchait à grands pas dans les couloirs du monastère, sa longue robe ample tourbillonnait derrière elle, l'air écartait les cheveux de sa frange pour découvrir ses yeux gris où une lueur malsaine brillait. Le genre de regard qu’elle avait avant une bagarre, avant les dissections ou pendant qu'elle était droguée.
- On va faire payer à Millenium ce lustre qui, je suis sûre, était d’une grande valeur pour ces pauvres moines, dit-elle avec une ironie féroce perceptible dans sa voix douce et calme.

Les deux jeunes femmes pénétrèrent dans la grande pièce où le père O’Bryan luttait contre le poison. Willie et Charon s'arrêtèrent devant son lit dont les rideaux avaient été tirés. Willie écarta un rideau dans un geste brusque et nerveux. Charon sursauta légèrement.
- Oh, son état s’est aggravé, dit la jeune louve.
Les draps étaient trempés et sales, le visage méconnaissable était creusé, les yeux avaient viré au même gris opaque que l’on voit chez les aveugles. Il se décomposait vivant.
- Hum.
Etait-ce vraiment important que cet homme vive ? Personne n’est indispensable sur terre, tout le monde est seul.
Integra avait spécifié qu’il fallait stopper les actes étranges, pas qu’il fallait sauver le prêtre.
Le regard de Willie se fit clair.
- Bon, si ces religieux ont de la logique, leur pharmacie doit être tout près d’ici, dit Willie à Charon, de sa voix que l’on entendait à peine.
- Il y a une porte là, indiqua la louve.
Elles se dirigèrent vers le fond de la pièce, passant à côté des rangées de lits. Elles pénétrèrent dans une toute petite pièce sombre dont la seule lumière venait d’une minuscule fenêtre en ogive.
Sur des étagères, un nombre impressionnant de petites fioles étiquetées étaient couvertes de poussière. Un vieux grimoire était ouvert sur une table à la page des poisons. Willie y jeta un regard rapide. Intéressant, mais inutile dans le cas du prêtre.
Dans une armoire vitrée, Willie trouva ce qu’elle cherchait : un grand nombre de seringues.
- Willie, qu’est-ce que tu vas faire ? demanda Charon, intriguée.
L’alchimiste ne répondit pas.

Revenues devant le lit du prêtre, Willie s’approcha du prêtre avec un sourire doux. Elle s’assit sur les draps souillés. De sa main fine, elle caressa les chairs du visage du père O’Bryan avec douceur. Des pellicules de peau restaient collées à sa main, mais elle n’y prêtait pas attention. Son regard était compatissant.
- Je promets de vous venger, mon père. Nous ne perdrons pas.
Elle déposa un baiser sur le front mouillé.
- Vous ne mourrez pas en vain, murmura-t-elle.
L’odeur de maladie entourait Willie.
- Willie ! s’écria Charon, qui ne comprenait pas ce que faisait l’alchimiste.
Willie se releva, dégaina une seringue qu’elle remplit précautionneusement avec certains des produits qu’elle avait toujours sur elle.
- Willie ?
Elle ne prêta pas attention à Charon.

La seringue était prête. Willie la leva au-dessus d’elle, le poing fermé sur le tube de verre, puis tout à coup elle l’abattit en plein dans le cœur du prêtre. Le choc fit bondir le corps presque mort de l’ecclésiastique.
Willie s’allongea alors tout contre le prêtre, posa sa main sur son cœur presque froid.
Lorsqu’elle se releva, le père O’Bryan était mort.

Charon n’avait pas bougé. Elle regardait fixement Willie, les mâchoires serrées, une lueur féroce dans les yeux. Willie passa à côté d’elle en ignorant son regard.
Elle descendait rapidement les escaliers de pierre tout en remplissant deux seringues. Charon la rattrapa, la mine sombre.
- Pourquoi tu as fait ça ?
- Pour ne pas qu’il souffre, répondit Willie, insouciante.
- C’est faux. Tu te fiche de sa souffrance. Tu l’as tué parce que tu penses que tout le monde attend la mort comme toi.
Willie stoppa net. Elle se tourna vers Charon. Ses yeux étaient effrayants. Elle pointait une seringue pleine juste sur l’emplacement du cœur de la jeune louve.
- Tu es intelligente, Charon, dit Willie de sa voix douce et calme alors que ses yeux brillaient de colère.
Charon fit un mouvement de défense, mais aussitôt, elle sentit la seringue s’enfoncer dans son corps. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise. Choquée, elle regarda les yeux gris de Willie, sa main blanche et fragile qui tenait la seringue vidée.
Charon sentit quelque chose de froid se répandre dans son corps.
- Désolée, Charon…
Un éclair de tristesse passa dans les yeux de Willie. Elle ne savait pas vivre avec les autres. Elle les fuyait, même si sans l’avouer elle désirait plus que tout n’être plus seule.
- Désolée, j’ai perdu mon sang froid, expliqua Willie. J’aurais dû te demander avant de t’injecter ça.
Charon sentit sa peur diminuer légèrement. Ce qui se mélangeait à son sang en cet instant ne semblait pas être le liquide qui avait tué le prêtre, finalement.
- qu’est-ce que c’est ?
- Un calmant spécialement conçu pour toi. J’ai remarqué que tu avais quelques absences quelquefois. Comme lorsque nous sommes arrivées ici la première fois, ou quand ce lustre a failli nous tuer.
- Tu avais remarqué…
- Et comme nous allons voir un moine tout de suite, et comme l’entretien sera sûrement musclé, j’ai pensé que tu aurais besoin de garder ton esprit clair. La pleine lune approche.
Charon acquiesça. Puis, sans prévenir, elle donna un coup de poing qui envoya Willie contre le mur. L ‘alchimiste se releva en s’appuyant contre la pierre.
- Je l’ai mérité, je crois, dit-elle de sa voix douce.

~


La porte s’ouvrit à la volée, faisant sursauter le gros homme en robe noire qui était assis à son bureau. Les deux filles entrèrent d’un pas assuré.
- Mon père, dit Charon, enfin nous nous rencontrons ! Nous fuyiez-vous ?
Sans attendre la réponse du supérieur, Willie se jeta sur lui, renversant le fauteuil sur lequel il était assis.
Willie s’assit sur le corps du moine allongé par terre, une jambe de chaque côté, pour ne pas qu’il tente de s’enfuir.
- Vous voyez cette seringue, mon père ? dit Willie avec un sourire de jubilation. Elle vous fera dire tout ce que vous nous cachez.
- Mais.. mais je ne vous cache rien ! se défendit faiblement le père supérieur.
- Nous allons voir ça.
- A qui est la cellule où le lustre est tombé ? questionna Charon.
- A personne !
- Comment ça ?
- C’est la cellule maudite !
Charon eut un mouvement d’impatience.
- Expliquez-vous, ordonna-t-elle.
- Elle est hantée par un esprit… certains de mes moines ont vu des ombres apparaître et disparaître de cette pièce !

~


- Mmh. Tu sais ce que je pense, Willie ? Je crois que c’est par cette pièce que Millenium entre dans le monastère pour empoisonner le père O’Bryan et pour tuer ce moine que nous avons déterré, dit Charon alors que les deux jeunes femmes sortaient du bureau. Et je crois que ce qui t’a bousculé n’était pas un moine mais le loup que Millenium a envoyé.
- Je vois que ma potion a fait de l’effet, dit Willie en souriant doucement. Nous savons ce qui nous reste à faire, pas vrai ? Tu es prête à faire combattre ce loup ?
- Je n’attends que ça !

[j'ai beaucoup fait réagir Charon, je ne sais pas si ça t'ira... Tu n'étais pas là quand j'ai écrit ce texte, alors j'ai pas pu te demander... Dis moi si qqchose ne va pas! Enormes bisous! ]
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Charon



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MessageSujet: Re: Ordre de mission.   Dim 23 Mar 2008 - 18:48

L'excitation gagnait Charon, sans pour autant lui faire perdre ses moyens, comme cela lui arrivait durant l'époque de la pleine lune. La potion de Willie agissait de telle sorte que la louve pouvait penser avec calme et lucidité, même à l'approche de la bataille.
Les deux jeunes femmes descendirent les étages à une vitesse stupéfiante, ne prenant pas garde aux quelques moines se trouvant sur leur chemin. Arrivées devant la "cellule maudite", Charon arrêta Willie d'un mouvement.
"- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien d'important, je voudrais juste vérifier quelque chose avant d'entrer ..."
S'éloignant un peu de la jeune femme, Charon dégaina soudain son épée. Levant son arme devant son visage, la louve en caressa délicatement la lame, comme une vieille amie. Puis, elle réalisa de larges moulinets avec son arme, assez rapidement pour qu'elle forme une parfaite barrière contre les balles. S'arrêtant soudain, croisant les bras, puis les décroisant violemment, la louve, discrètement, surveillait attentivement son arme. Se redressant, elle joua encore un peu avec la poignée de la lame, son unique oeil plissé, concentrée sur quelque chose qu'elle seule pouvait ressentir, en parfaite symbiose avec son arme. Puis, encore une fois, elle la redressa devant son oeil et s'absorba dans l'observation de chaque interstice de cette épée qu'elle avait elle-même créée. Depuis un demi-siècle maintenant, elle ne l'avait jamais quittée ou trahit, et était tranchante comme au premier jour. Charon y veillait. C'est pour ça qu'elle vérifia le tranchant de son arme, en serrant sa main dessus et en la faisant glisser le long de la lame. Lorsqu'elle la retira, sa paume et son épée étaient couvertes de sang. La louve contempla sa main quelques instants, observant son propre sang s'échapper de la profonde entaille qu'elle s'était elle-même causée. Puis elle serra le poing, remit sa lame au fourreau et s'avança vers Willie.
Avec un haussement d'épaules qui s'excusaient pour ce contre-temps, la jeune louve dit simplement :
"- Vérification de matériel.
- Hmm, et ta main ?"
Pour toute réponse, Charon lui montra sa paume. Elle était intacte, excepté le sang qu'elle n'avait pas pris la peine d'essuyer.
La jeune alchimiste regarda un instant le membre que la louve lui montrait, puis leva la tête et la fixa dans son unique oeil. Un léger sourire en coin se dessina sur le visage de Charon, tandis que son regard exprimait toute l'impatience qu'elle avait de régler cette affaire une fois pour toute.
Elle répondit à son sourire par le sien, ironique et cruel. Toutes deux se tournèrent vers la porte de la cellule.
" C'est partit !" dit Charon.
Et elles s'engagèrent dans cette pièce d'où, semblait-il, s'échappait la mort.

Les restes du lustre en fer trônaient toujours au centre de la pièce. Personne n'avait osé entrer ici pour les enlever.
Charon et Willie avançaient doucement, méfiantes. La louve tenait sa main droite posée sur la poignée de sa lame, l'alchimiste gardait la sienne cachée sous son ample robe noire. Pas un bruit ne résonnait dans la pièce à part celui de leurs pas sur le sol. Une fenêtre s'ouvrait dans l'épais mur de pierres, de telle sorte que la cellule était relativement bien éclairée. Seul le plafond restait plongé dans la pénombre. Charon levait d'ailleurs les yeux vers les épaisses poutres, espérant apercevoir quelque chose. Un coup de coude dans les côtes lui fit baisser les yeux. Willie lui indiquait de la main une gigantesque fresque que la louve n'avait pas encore remarqué. Dans l'exact alignement de la fenêtre, derrière un petit autel en bois, la gravure grimpait jusqu'aux limites des ténèbres du plafond et s'étendait sur plus de la moitié du mur. Il y était représenté un paysage à deux facettes. A gauche, une plaine inondée du soleil couchant. A droite, comme à travers un miroir, la même plaine, mais illuminée par la pleine lune. Dans chacun de ces mondes, des foules étaient tournées vers une personne au centre même du tableau. Au soleil, les gens étaient gravés dans des expressions de douleur et de malheur, se tordant sur le sol, tendant leurs mains, suppliants. Sous la lune, les visages exprimaient la joie, le bonheur et tendaient leurs mains en guise d'invitation et de bienvenue. Quant à la silhouette représentée au centre ... Un homme jeune, vêtu d'un suaire blanc autour de la taille, les cheveux longs et la barbe brune.
Sans un regard derrière lui, Jésus Christ s'avançait vers la nuit.
Charon et Willie regardaient le tableau, fascinées. La louve ne pouvait pas détacher son regard de celui du Christ. Ce regard malsain, emplit de haine et rouge de cruauté, la troublait. Jamais elle n'avait vu ce genre de représentation du fils de Dieu, même parmis les sectes les plus sataniques qu'elle ait massacré.
Soudain, un frisson lui parcourut l'échine.
Nous ne sommes plus seules dans la pièce !
Charon se rapprocha de Willie, à l'affut.
Où es-tu ?
La jeune femme, comme hypnotisée par la gravure, n'avait pas remarqué que la louve s'était encore rapprochée, pour se placer juste derrière elle.
A gauche ? Non. A droite ? Non plus. Au dessus ? Toujours pas. Alors, où ....
Son visage se crispa légèrement. Ses lèvres se retroussèrent légèrement, laissant aparaître ses crocs.
Derrière.
Charon posa sa main sur le dos de Willie. Celle-ci sursauta légèrement, comme tirée d'une rêverie profonde. Remarquant le visage tendu de la louve, elle devint nerveuse.
"- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Planque-toi.
- .. Quoi ?
- Planque-toi !"
La louve serra sa main sur la robe de la jeune femme.
Et elle lança violemment Willie contre la gravure. Se retournant rapidement, elle dégaina son arme et asséna un coup qui fut bloqué par un pistolet de très gros calibre. Elle regarda son adversaire dans les yeux. Deux pupilles orangées l'observaient. Un sourire narquois se dessina sur le visage du loup-garou.
Une violente poussée dans le ventre coupa le souffle de Charon. Le loup en profita pour attraper son poignet, la fit tourner dans les airs, avant de l'envoyer s'écraser à l'autre bout de la pièce. De la poussière s'éleva de l'endroit où Charon s'était encastrée. Des morceaux du mur lui étaient tombés dessus, la recouvrant totalement. De derrière l'autel où elle avait attérit, Willie regarda la lame de la louve se planter juste devant elle.
Oh non, pas encore morte ...
Charon sortit de l'amas de décombres sous le regard amusé du loup nazi. Une chaleur soudaine se répandait dans ses veines. L'appel du sang et du massacre se fit irrésistible. Sans détacher son oeil de l'adversaire, elle dit en ricanant :
"Alors quoi, c'est tout ?"
Sa voix avait changé. Son regard aussi.
"Désolée Willie, mais tu t'es trompée dans tes dosages ! Ce calmant était bien trop peu concentré !"
La louve s'approcha de l'humaine et récuperra son arme.
"Maintenant, à nous, chien de Millénium. Montre-moi de quoi tu es capable avant que je ne t'égorge !"
L'autre rit également.
Les deux monstres se jettèrent l'un sur l'autre. Charon évitait les balles ou les déviait avec sa lame, l'autre vidait son chargeur sur son adversaire. Les projectiles allaient s'encastrer dans les murs et dans la gravure.
Une balle toucha la louve au visage ; cela ne la troubla pas et elle repartit à l'assaut de plus belle.
Le loup-garou fut à cours de munitions. Charon profita de l'occasion et courut sur lui à pleine vitesse ; elle le frappa sans relache, en espérant créer une ouverture dans la garde de son adversaire. L'autre bloquait avec son arme ou esquivait comme il le pouvait, son pistolet inutile l'handicapant plus qu'il ne l'aidait. L'ouverture qu'attendait la louve se présenta soudain : elle lança son poing vers le visage du loup-garou. Ce dernier décolla du sol et attérit sur ses pieds à quelques mètres de Charon. Lèchant le sang qui coulait de sa bouche, il lança son arme dans un coin de la pièce, et montra les crocs.
La louve découvrit les siens dans un sourire féroce. Elle planta son épée dans le sol et prit appuis sur ses pieds, toutes griffes dehors.
Ils repartirent à l'attaque.
Les deux adversaires se bloquèrent mutuellement, Charon agrippant le poignet de son adversaire, et l'autre agrippant le sien. Leur visages étaient près l'un de l'autre, mais pas suffisament pour qu'ils se mordent. Grondants, menaçants, ils s'évaluaient l'un l'autre en se regardant dans les yeux. Le loup de Millénium sembla récupérer de l'assurance.
"Pfeuh, une louve borgne ! Qu'est-ce que tu espères de ce combat ? Tu as perdu d'avance !"dit-il, méprisant.
Cette réplique rappella à la louve la souffrance qu'elle avait enduré lorsqu'elle avait perdu son oeil ; du vieux loup-garou qui agitait ses griffes pleines de son propre sang devant son visage ravagé ; les attaques de ses congénères un peu après cette perte.
Elle se rappella aussi qu'elle était restée des jours à regarder leurs cadavres se décomposer lentement sous le soleil, après qu'elle les ait tous tué.
Sang, viloence, mort : la louve perdit le peu d'humanité qui subsistait encore en elle. Dans son oeil brilla une lueur démoniaque, et sa pupille sembla disparaître tant elle devint fine.
Elle serra le poing sur le poignet de son adversaire ... et le lui arracha d'un coup sec. Le visage du loup se décomposa : il considéra avec stupeur son membre arraché ; Charon profita de la surprise de son adversaire pour frapper, frapper et frapper encore, comme lorsqu'elle s'entraînait avec les pantins.
"La possibilité de vous faire les crocs sur des mannequins de chair et de sang, n'est-ce pas Integra ?" se rappella-t-elle soudain. Et elle continuait à frapper, la puissance de ses coups repoussant son adversaire toujours plus loin.
Le loup, acculé, remarqua alors les débris du lustre en fer encore présents au milieu de la pièce. Ne sentant plus de coups s'abattre sur son corps, il regarda son adversaire. Charon avait pris du recul et, tendue, s'apprêtait à sauter à la gorge du loup-garou. Ce dernier serra son point sur une barre de fer. Charon bondit ; le loup lança sa lance droit sur sa poitrine et lui transperça le coeur.
La barre d'acier cogna contre la balle d'argent. Une douleur indiscible se fit sentir dans le corps de Charon. Tout devint rouge autour d'elle. Une larme de sang coula le long de sa joue.
Pliée en deux, la louve laissait le sang s'écouler de son corps, dégouliner le long de la barre de métal qui était encore planté dans son coeur et les gouttes s'écraser au sol. Elle tomba à genoux ; le loup nazi la regardait, se moquant d'elle, savourant une victoire qui semblait à porter de main.
Charon, dans un terrible effort, serra les poings ... et bondit sur le loup-garou, toutes griffes dehors. Ce dernier bondit également et enfonça plus profondément encore la barre de fer dans le corps de la louve ; profitant de l'occasion, il prit l'objet à pleine main et fit tournoyer la louve dans les airs, et l'envoya s'empaler contre l'immense gravure.
Le corps inerte glissa le long de la lance et s'écrasa au sol dans un bruit mat.
Blessé, épuisé, le loup de Millénium regarda avec satisfaction le cadavre de son adversaire.
"Ainsi donc, les monstres de Hellsing savent à peu près se battre ? Bah ... j'ai perdu trop de temps avec elle. L'humaine devrait être plus facile à tuer."
Il avait parlé à haute voix.
Lune, lune, relève-moi ! soutiens-moi de tes bras, comme tu l'as fait il y a si longtemps ... je te demande du temps, encore un peu de temps pour me souvenir ...
Le cadavre remua.


Dernière édition par Charon le Lun 24 Mar 2008 - 15:14, édité 1 fois
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